MÉTAPHORE VISUELLE : L’ASCENSEUR SOCIAL VS LE CHEVAL À BASCULE

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Avez-vous eu l’occasion de lire “Rue Duplessis - Ma petite noirceur” de Jean-Philippe Pleau, sociologue et animateur de radio?

Passionnée par la sociologie et la puissance du visuel, j’ai synthétisé, en dessin, le concept du "transfuge de classe" qui traverse l’ouvrage de Pleau.

Dans Rue Duplessis, Jean-Philippe Pleau utilise les métaphores de l'ascenseur social et du cheval à bascule pour illustrer deux visions contrastées de la mobilité sociale, propres aux "transfuges de classe", comme lui l'a vécu.👇

"Né d’un père analphabète et d’une mère peu scolarisée, j’ai grandi à Drummondville, rue Duplessis, dans une famille ouvrière dominée par la peur. Mais les circonstances de ma vie m’ont permis de faire des études en sociologie et de devenir animateur de radio. Je suis ce qu’on appelle un transfuge de classe. Un gars qui a le cul entre deux chaises, jamais tout à fait à l’aise dans le monde auquel il appartient désormais, tout en étant devenu étranger à celui d’où il vient." (p.9-10)

💡"Cette image d’ascenseur social repose sur une idée fondatrice de notre ordre social, structuré de bas en haut. L’objectif d’une vie serait, semble-t-il, d’y atteindre une hauteur respectable. Or, regarder les gens de haut, c’est se condamner à les voir minuscules."

"Une vision horizontale me semble préférable. L’autrice Nesrine Slaoui parle, elle, de cheval à bascule : toute notre vie durant, on oscille entre notre identité populaire et bourgeoise. Des allers-retours permanents." (p.206)

📌 Ce passage m’a amenée à questionner les limites de la métaphore de "l'ascenseur social". Je vous en propose trois :

1- Vision trop simpliste : L’image de l’ascenseur social suggère un parcours direct et sans obstacle vers un statut plus élevé, alors que la réalité est bien plus complexe. Cette vision ignore les nombreux facteurs pouvant freiner la progression d’un individu, comme les discriminations, l’héritage social, ou les inégalités structurelles.

2- Méritocratie idéalisée : L’allégorie sous-entend que la société est méritocratique, où chacun a une chance égale de "monter" s’il travaille dur. Or, cette vision méconnaît les inégalités de départ, c'est-à-dire que l’ascenseur social fonctionne mieux pour ceux qui disposent déjà d’un capital économique, culturel, ou social.

3- Occultation de la mobilité descendante : L’allégorie met l’accent sur la montée sociale, mais oublie que l’ascenseur peut aussi descendre. La mobilité descendante (perte de statut, appauvrissement) est une réalité pour beaucoup, surtout en période de crise économique ou de précarité accrue.

Aujourd’hui, avec la montée des inégalités économiques, l’ascenseur social semble souvent bloqué pour beaucoup de monde. Cette métaphore ne rend plus compte de la réalité d’une société où l’écart entre les classes se creuse et où les opportunités se restreignent pour les plus défavorisés.

#PenséeVisuelle hashtag#Inégalités hashtag#CritiqueSociale

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